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Marion Jacques est bénévole au sein de l’équipe communication pour les structures de la fédération Grandira pour l’année 2019. Un an à Madagascar pour s’enrichir d’une expérience tant professionnelle que personnelle. En quelques mois, Marion a su trouver sa place au sein de l’équipe et du projet, grâce à sa plume hors-pair, sa rigueur, son dynamisme, et bien sûr, son sens de l’humour !

Depuis combien de temps travailles-tu pour Grandira ? Quel est ton parcours avant Grandira ?

J’ai intégré la fédération en tant que chargée de communication, en bénévolat. J’ai commencé ma mission en France, à Noisy-le-Grand plus précisément, le 14 janvier 2019 : cela fait donc 4 mois, à une poignée d’heures près ! J’ai fait une dizaine de jours d’intégration auprès des équipes du siège et hop, dans l’avion pour Madagascar ! J’étais accompagnée de Mathilde, Rébecca et Yann, c’était rassurant de ne pas être seule.

A l’origine, je suis de Nantes, j’ai fait l’école de commerce de Grenoble et je me suis spécialisée en communication. A défaut de trouver du travail dans ce domaine, j’ai travaillé deux ans chez Décathlon comme responsable de rayon : pas grand-chose à voir avec la communication mais j’adore le sport, c’est une excellente formation et j’y ai fait de belles rencontres. Et je suis une fan inconditionnelle de leurs produits 😊. Mais le poste ne me correspondait pas vraiment et je voulais m’essayer à mon domaine de formation : j’ai rejoint un concessionnaire de voitures et poids lourds, à Bordeaux, en tant que chargée de communication pour les deux activités, d’abord ; puis comme chargée marketing pour le poids lourd. C’était folklo au début ! C’est un milieu très masculin, pas très sensible au marketing, il faut se faire sa place ! Là aussi, j’y ai rencontré de super personnes. Mais je me suis rendu compte que je n’étais pas faite pour le marketing ! Et, au-delà de ça, j’avais besoin de me sentir utile, de m’investir dans un projet qui fasse sens pour moi : c’est là qu’est arrivée, à point nommé, Grandira 😊.

Comment vois-tu ton travail ? Quelles sont tes principales missions ?

Le fil rouge de ma semaine, c’est de gérer le community management pour la fédération et ses trois associations : Grandir Ailleurs, Grandes Latitudes et Grandir Aventure. 4 pages Facebook, 3 comptes Instagram, 1 Linkedin et 1 Twitter… Cela occupe une bonne partie de ma semaine ! Je dois anticiper les sujets pour alimenter, chaque semaine, les différents supports ; créer le contenu des publications ; et analyser les statistiques d’audience. Je m’occupe également du contenu pour l’ensemble des structures : relecture et correction de l’existant et création de nouveaux contenus pour les sites internet, principalement. Un gros sujet sur lequel j’ai commencé à travailler, c’est la conception d’une charte éditoriale pour chaque association : l’objectif est de formaliser tout ce que je fais au quotidien, pour cadrer la manière de communiquer de chaque structure.

Globalement, je m’éclate dans ce que je fais, vraiment ! J’adore écrire et j’occupe mes journées à ça : que demande le peuple ?! Le seul point noir, c’est que la barre a été mise bien haute pour mon retour en France à la fin de l’année et la recherche d’un nouveau poste 😊.

Qu’est-ce que tu préfères ? Qu’est-ce qui te semble le plus difficile ?

A priori, je ne suis pas une grande adepte des réseaux sociaux pour ma petite personne ! Mais là, le faire pour le compte d’une chouette structure qui œuvre « pour la bonne cause » donne de l’intérêt à cette mission. Et c’est intéressant, car cela m’amène à réfléchir aux différentes manières de communiquer, selon chaque réseau et chaque structure : je ne m’adresse pas de la même manière aux ados de Grandir Aventure qu’aux adultes de Grandes Latitudes ; les codes sont différents sur Instagram et sur Linkedin etc. D’ailleurs, pour l’anecdote, c’est pour Grandira que j’ai appris à utiliser Instagram ! Quand j’ai publié ma première « story » en double (fausse manip’ !), je me suis sentie vraiment vieille (rires) !

Ce que je préfère, sans l’ombre d’un doute, c’est la rédaction de longs contenus ! J’aime décrire, donner des détails, imager : j’utilise un peu les mots comme un pinceau, le lecteur doit pouvoir se représenter précisément ce que je lui raconte. J’aime beaucoup rédiger des articles pour le blog de Grandes Latitudes : en plus d’écrire, je voyage ! Et 100% gratuit et écolo ! Un jour chez les nomades mongols, l’autre dans le désert du Namib, je ne m’ennuie pas ! J’aime trouver des infos insolites sur les différents pays, les cultures et les traditions. Mais ce que je préfère, je crois, ce sont les portraits : cela me permet de découvrir des gens avec qui je travaille mais que je ne connais pas forcément personnellement.

Mon objectif, c’est de réduire le temps passé à m’occuper des réseaux, cela peut vite devenir chronophage ; et d’en consacrer davantage à la rédaction d’articles, en particulier sur les activités menées par Grandir à Antsirabe et l’OSCAPE à Madagascar. Les équipes font des trucs super pour les enfants, il faut en parler !

Une qualité essentielle à ton poste ?

Animer les réseaux sociaux requiert un sens aigu de l’organisation et de l’anticipation ! Bon, c’est aussi parce que dans l’urgence, j’ai la vivacité d’une huître. Un peu d’improvisation de temps en temps, c’est sympa, mais globalement cela me rassure de prévoir mes différentes publications une semaine à l’avance ; au lieu de galérer à écrire un truc vite fait mal fait au dernier moment !

Pour la rédaction de contenu, en plus d’être curieux, je pense qu’il faut surtout être exigeant. Pour produire un contenu de qualité et différenciant, il faut multiplier ses sources et les vérifier : si c’est pour reformuler un article trouvé à la va-vite, je ne vois pas trop la valeur ajoutée pour le lecteur. Et pour les portraits, cette exigence passe par le fait d’approfondir le propos avec la personne interrogée : si je ne creusais pas, j’aurais à chaque fois des réponses de deux lignes. C’est en faisant parler les gens que j’accède à leur « substantifique moelle » ! Oui, je cite aussi Rabelais, classe hein ?! (rires)

Pourquoi as-tu choisi Grandira ?

Ça a été un formidable concours de circonstances ! En septembre dernier, au moment où je décidais de quitter mon ancien poste, je suis tombée sur une offre pour Grandir Ailleurs. Mais plusieurs critères ne collaient pas avec mon profil : c’était un service civique (à maintenant 30 ans, je suis périmée pour ce genre de contrat !) et il commençait trop tôt par rapport à ma disponibilité. Et, je m’en suis rendue compte après, c’était pour un profil d’éducateur spécialisé : rien à voir avec ma formation !

Je suis allée faire un tour sur le site de l’association et là, je me suis dit : « cette asso a quand même l’air bien chouette, oublie que tu n’as aucune chance et envoie ton CV, tu n’as rien à perdre ! ». Mathilde et Rébecca m’ont répondu le lendemain : coïncidence, elles étaient justement à la recherche d’un appui en communication ! J’ai eu un très bon contact avec chacune d’entre elles (et je ne dis pas ça pour fayoter (rires)) : j’ai perçu des manières de fonctionner et des valeurs communes, j’ai senti qu’on était sur la même longueur d’ondes. Deux entretiens et 15 jours plus tard, j’achetais mon guide de voyage pour Mada 😊.

Comment s’est passée ton arrivée à Antsirabe ? As-tu un souvenir / une anecdote au sein de Grandira qui t’a marquée ?

Mon arrivée a été très confortable, d’un côté : entre une équipe locale très accueillante et la vie au sein d’une coloc’ de volontaires super chouette (décidément, qu’est-ce que je fayote dans ce portrait), je n’ai pas eu ce travail de recherche de lien social à faire. Mais, à côté de ça, il y a le contexte de la misère générale et en particulier de celle des enfants des rues. Tu les croises tous les jours, quand tu sors du supermarché, quand tu vas boire un verre… C’est dur. Parfois, je me dis que je me suis trop blindée par rapport à ça, mais en réalité, je sais que cela m’affecte.

Le souvenir qui m’a vraiment marqué serait, comme Claire, celui de ma première maraude avec les éducateurs de Grandir à Antsirabe, environ un mois après mon arrivée. J’ai été particulièrement frappée par la relation entre les membres de l’équipe, d’une part, la confiance entre eux. Mais aussi par la relation établie avec les enfants : j’ai ressenti une telle confiance et bienveillance réciproques, c’était incroyable ! A un moment, un petit groupe de gens un peu alcoolisés s’est approché et a interrompu les activités de l’éducateur avec les enfants : eh bien ce sont eux, les enfants, qui leur ont dit de partir, c’est quand même révélateur ! Et pendant toute la soirée, j’ai eu l’impression d’être dans une cour de récréation, avec des enfants « normaux » occupés à jouer, se chamailler et rigoler, tout simplement. C’était un bon moment et je ne m’y attendais pas.

Portrait chinois : si tu étais…

Un animal ?

Un chien et, plus spécifiquement, un labrador. Il est hyper sociable, gentil et joueur ; les ballons, c’est sa vie ; et il est pataud : on ne peut pas faire plus ressemblant !

Un héros ?

J’ai plein de gens hyper classes qui me viennent en tête… Mais, en réalité, c’est Harry Potter ! La saga a bercé mon adolescence et ce type est génial : il est humble, gentil, intelligent, courageux, adoré de tout le monde sauf des méchants, les rares fois où il l’est, c’est qu’il est possédé… Non, franchement, rien à redire.

Une chanson ?

(Rires) Sans hésitation « Believe » de Cher, ce qui fait bien rire certains ! Pas pour la richesse des paroles ou la qualité globale de l’œuvre, heureusement, mais elle me rappelle les vacances au ski, quand j’étais petite : LE moment de l’année que j’attendais ! 

Un film ?

Ce n’est pas mon film préféré mais celui qui me ressemble le plus : « Ecrire pour exister ». C’est l’histoire d’une prof dans un lycée difficile. Naïve et pleine de bons sentiments, comme moi ! Mais elle arrive, à force de persévérance et d’humour, à gagner la confiance de ses élèves ; et surtout, elle utilise l’écriture pour les aider à se libérer de leurs souffrances. Ecrire, c’est une vraie catharsis !

Un sport ?

J’adore le sport, c’est dur de choisir ! Celui de toujours, c’est le football, que j’ai appris toute petite avec mon frère et ses copains : ils me surnommaient Romarion ! Et sinon, c’est le snowboard, que je pratique depuis presque 20 ans : j’adore la sensation de glisse, de vitesse et de légèreté qu’il procure.

Une qualité ?

L’attention envers les autres, je crois. Dans un groupe, je ne supporte pas qu’une personne puisse se sentir mal à l’aise ou mise à l’écart ; et j’essaie, quand je discute avec quelqu’un, de vraiment creuser l’échange. Ça ne m’intéresse pas de rester en surface.

Un défaut ?

Je n’ai pas beaucoup de certitudes, je remets (trop) facilement les choses en question. Et moi-même, par la même occasion ! Donc parfois, je manque de confiance en moi et en mes choix, à tort. Mais petit à petit, avec l’âge, ça va mieux 😊.

Un péché mignon ?

Le chocolat au lait. Et le pâté Hénaff ! C’est breton et c’est trop bon !

 Ta plus grande fierté ?

Avoir, enfin, réussi à sauter le pas de changer de vie ! J’ai dépassé mes craintes et cette expérience à Madagascar me prouve que, quand j’aime ce que je fais, je suis capable d’être douée : eh ben, ça remonte le moral (rires) !

 Si tu pouvais être quelqu’un d’autre le temps d’une journée, qui aimerais-tu être ?

Une astronaute en mission dans l’espace : ça doit être incroyable !!

 

Mille mercis, Marion, pour ton engagement auprès de la fédération Grandira !

 

 

Bilan du carnaval de Noisy-le-Grand

Le carnaval de Noisy-le-Grand a eu lieu ce dimanche 7 avril 2019 autour du thème des animaux dans leur milieu naturel. Grandira avait son stand, tenu par une équipe déterminée pour rencontrer les Noiséens et Noiséennes présents et à leur préparer d’appétissants pop-corn, crêpes et barbes-à-papa !